La manière dont j’imprime mes créations requiert de la patience et ne garantit pas toujours un résultat car parfois, je me plante ! 😉 J’ai eu envie d’expliquer et détailler la technique d’impression dont je parle souvent et que je pratique avec grand plaisir car beaucoup se questionnent sur le travail qu’il y a derrière.

Aller, c’est parti pour les explications !

Déjà, il faut avoir le matériel de base :
– un cadre,
– une racle d’enduction (pour mettre l’émulsion – j’y reviendrai),
– une ou plusieurs racle(s) d’impression (de différentes taille, pour étaler l’encre),
– de l’émulsion photosensible (pour insoler),
– des encres,
– du dégraveur (produit de nettoyage),
– une insoleuse,
– un espace/une pièce qui fait office de chambre noire,
– un espace/une pièce pour laver le cadre au kärcher (et donc un kärcher),
– des supports d’impression (papier, tissu,…)
– des films transparents ou du papier calque (servant de typon),
– une table pour réaliser ses impressions,
+ des petites cartes de banque à découper qui serviront de repères, des serres-joints pour fixer le cadre, du tape, des ciseaux,… tout ça 😉

Je ne vais pas rentrer dans 1000 détails techniques, je voudrais résumer, dans les grandes lignes, les différentes étapes. Pour le reste, Google est ton ami 🙂

Etape 1 : se procurer un cadre (petit, moyen, grand…) et y déposer l’émulsion
D’abord, on enduit notre cadre d’une émulsion photosensible qui permettra ensuite de fixer les images à imprimer. On réalise cette étape à l’aide d’une racle d’enduction (moi, j’appelle ça ‘une gouttière’ car ça y ressemble 😉 et on dépose une fine (très fine mais suffisante) couche de produit. Si on en met trop, c’est foutu, l’émulsion ne sèchera pas bien et elle va dégouliner lors de l’étape douche/kärcher. Ca fait une sorte de ‘slim’ dégueu et c’est une énorme perte de temps.
Une fois le cadre enduite, on file mettre son cadre à l’abri de la lumière et on laisse sécher l’émulsion dans le noir (avec une chaufferette à disposition, ça va plus vite mais on n’est pas pressé, on a d’autre choses à faire pendant que ça sèche :D).

Etape 2 : imprimer ses typons
Quand on est bien organisé, on a préparé son projet graphique.
Pour ma part, je travaille avec du papier calque (pas de films transparents) et souvent sous Illustrator (le vectoriel, c’est mon dada <3).
Si j’ai envie d’imprimer une affiche, je vais imprimer autant de typons que je souhaite de couleurs. Donc, si je réalise une licorne en trois couleurs par exemple, j’isole chaque couleur sur un typon et j’imprime les éléments (en noir, toujours en noir pour insoler) sur chaque typon. 3 couleurs sur papier donc 3 typons à insoler.

Etape 3 : insoler le cadre avec ses typons
Une fois l’émulsion sèche et les typons imprimés, on emporte notre cadre sur une table d’insolation.
On dépose nos typons sur la vitre, on pose le cadre par dessus et on lance l’insolation. Le temps varie selon le résultat souhaité.

Etape 4 : nettoyer le cadre
Une fois l’insolation terminée, on file à la douche pour laver son cadre, enlever l’émulsion et révéler les motifs à imprimer. Pour le coup, on y va tout doux avec le kärcher, c’est un fin filet d’eau qu’on projette sur notre cadre.

Etape 5 : préparer ses encres
Dans la mesure où on souhaite des mélanges d’encres spécifiques, on est parti pour l’étape des dosages, mélanges,… Je ne m’attarde pas sur ce point car on peut aussi travailler avec des encres quadri et jouer avec leur transparence pour avoir des chouettes rendus. Personnellement, je fais mes mélanges pour obtenir les couleurs que je veux 🙂

Etape 6 : l’impression (enfin !)
Les encres sont prêtes et le cadre est sec, on peut enfin passer aux choses sérieuses, imprimer !
On s’installe sur une table… à l’atelier, on a des tables un peu spécifiques, avec un petit rebord mobile, qui nous permettent de fixer notre cadre à l’aide de serre-joints. Ensuite, on place la feuille de papier (ou le vêtement) correctement par rapport au motif de la couleur #1 qu’on va imprimer.
C’est un peu de chipotage de bien placer sa feuille, il faut ensuite placer ses repères (à l’aides cartes de banque) pour réaliser plusieurs exemplaires de l’affiche et ne pas bouger… c’est l’étape du repérage (c’est un peu pénible).
Quand la feuille est fixée (à l’aide d’un petit bout de tape pour coller le support), on étale l’encre au-dessus de notre motif et puis on peut commencer à racler. Une fois qu’on racle, l’encre passer à travers le motif et s’imprime sur la feuille. On répète cette étape selon le nombre de fois qu’on veut imprimer l’affiche. Et puis, quand on a fini la couleur #1, on peut ramasser l’encre restante, la remettre dans le pot et nettoyer son cadre avec une grosse éponge. Ensuite, on recommence l’étape de l’impression (après avoir bien repéré sa feuille) avec la couleur #2 sur chaque exemplaires et puis la couleur #3. Voilà, l’affiche a pris vie sur papier 🙂

Etape 7 : le nettoyage
Quand on a terminé son projet et qu’on veut en réaliser un autre, on retourne à la douche et on dégrave son cadre… Là, on peut y aller avec le Kärcher « full pression », le produit fait « fondre » la couche d’émulsion et on récupère un cadre tout propre, prêt à recevoir l’émulsion pour le projet suivant.

En gros, ça prend vraiment pas de temps ahahah… 😉 Plus sérieusement, c’est une technique d’impression assez lente car il y a pas mal d’étapes et de temps d’attente. Pourtant, il ne faut pas trop trainer lors de l’impression car l’encre sèche, s’incruste dans les mailles du cadre et peut faire foirer l’impression. Bref, il faut aussi être au taquet, pas question de papoter en imprimant 😉

En gros, imprimer une affiche, c’est des heures de boulot et je parle même pas du temps de conception du projet graphique. Mais bon, quel bonheur de faire quelque chose d’unique avec ses petites mains et quel rendu avec ces couleurs qui pêchent ! On en redemande 🙂

Bientôt, je vous ferai une petite vidéo pour illustrer tout ça 🙂

En attendant, mes créations sont visibles sur ma boutique Etsy et sur Facebook